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Morrissey / Make-Up Is A Lie (Chronique 2026)

CHRONIQUE (2026). 14 ! C’est le 14ème solo de Morrissey, ex chanteur de feu The Smiths, et l’on se dit que le temps passe à une vitesse quand on se souvient avoir pogoté sur This Charming Man (oui, on pogotait sur ce morceau, en 1984), rêvassé sur How soon is now ? (Leur meilleur chanson, na ! Et aucune contestation ne sera acceptée !), ou contemplé son amoureuse assoupie en écoutant Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me.

* De l’eau a coulé sous les ponts, selon l’expression consacrée, des guerres ont eu lieu, des empires se sont écroulés, des fusées sont partis dans l’espace, mais en 2026, Morrissey est toujours là, bien présent, agaçant, énervant, star en Amérique du Sud où il remplit les stades (véridique), quasi « cancelised » en Europe pour ce que l’on appelle ses dérapages verbaux, des propos que, lui, estime avoir été largement détournés, utilisés par la presse à scandale, britannique ou américaine pour faire polémique (« Si je suis raciste, alors le pape est une femme » / « Au fond, tout le monde préfère sa propre race… Est-ce que ça rend tout le monde raciste ? »). Dont acte, comme on l’écrit dans le monde des assurances.

* Alors, que vaut ce nouveau disque ? Eh bien, il est bien, très bien, très très bien même. Bon, Okay, c’est un peu court. Décryptage. Enregistré en France, à Saint-Rémy-de-Provence au début de l’année 2023, sous la houlette de Joe Chicarelli (The Strokes, The White Stripes, The Shins…), ce 14ème album est tanké, gaulé, non pas comme un bolide mais une belle voiture, rutilante, étincelante, hyper confortable. Morrissey y chante merveilleusement bien et cela s’entend dès You’re right, It’s Time, ballade pop teintée d’électronique. Idem sur le single Make-Up Is a Lie, accueilli assez fraîchement à sa sortie – semble-t-il – dans la communauté des fans du chanteur mancunien, mais qui, avec sa mélodie accrocheuse, son petit gimmick et sa rythmique, imprime vite dans le cerveau.

* La chanson suivante, Notre-Dame, pourrait presque passer pour un inédit des Pet Shop Boys ou du projet Electronic qui avait réuni Bernard Sumner de New Order et Johnny Marr. Un peu « cheezy » (facile), et vain dans sa progression, mais pas si désagréable. Le morceau manque un peu de chair et de jus pour que l’on morde complétement dedans (désolé pour Morrissey, pour rappel, le monsieur est végétarien), et après 2 minutes (il en dure plus de 4), on a compris. Il y a plus intéressant, un peu plus loin… Telle cette douceur languide nommée Headache que Morrissey souffle presque, plutôt qu’il ne la chante. Sur le titre suivant, Boulevard, Morrissey se la joue romantique, dramatique, sardonique. Un peu de piano et pas grand-chose de plus. Avec une production moins léchée, datée, le morceau aurait pu prendre encore plus d’ampleur. On aimerait l’entendre en concert ou sur un disque bonus en version acoustique.

* Plus loin, on fond vraiment pour Lester Bangs, qui rend hommage au critique et journaliste américain disparu en 1982 (à 33 ans). Morrissey y évoque Roxy Music, The Doors, et se met dans la peau de ce passeur, considéré comme « Le » rock critic, si important pour l’ex chanteur des Smiths et les musiciens de sa génération. « How does it feel, to be you, Lester Bangs ? » chante-t-il. Rien que pour ce titre, magnifique, ce disque - Make-Up Is a Lie - vaut de s’arrêter à l’étape maquillage, et d’y passer un peu de temps. Sous le blush et les cosmétiques, il y a une âme, celle d’un certain Morrissey.      

 

Frédérick Rapilly 😁

 

 

 

Morrissey

Make-Up Is A Lie

(Sire Records / Warner Records) – 06 / 03 / 2026

Cote d'amour = *****° (😁)

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